Prendre confiance lors d’un premier voyage ; le volontariat.

C’est seulement un mois avant mon départ que j’ai pris la décision de réellement partir à l’aventure. L’été battait son plein, et moi par la même occasion, et j’en suis arrivée au point de non-retour. Il y avait donc urgence ; mon départ devait s’organiser rapidement, le compte à rebours ne laissant pas de place à l’hésitation.

L’idée du volontariat s’est immédiatement glissée dans mon esprit, et pour cause, je pouvais faire d’une pierre deux coups ; d’une part, faire quelque chose de bien, donner de ma personne, soigner mon âme en contribuant à prendre soin de celle des autres, et d’autre part, prendre le temps de m’acclimater à mon nouvel environnement, prendre mes marques, ne pas me lancer vers l’inconnu sans point de repère aucun.

Savoir que j’avais quelque part où aller et une tache à accomplir a grandement contribué à faciliter l’idée de mon départ aux yeux de ma mère et de mes proches. Cela les a rassurés, et en sens, moi aussi.

Il me fallait donc trouver une organisation avec laquelle partir, et pour cela j’ai fait appel à l’ASBL JAVVA – Jeunes Actifs dans le Volontariat et les Voyages Alternatifs, basée à Bruxelles. J’ai rapidement décroché un rendez-vous avec Claire, ma coordinatrice. Elle a été extrêmement efficace et a fait preuve d’un grand professionnalisme. Après un premier entretien durant lequel nous avons toutes les deux déterminé quel type de projet me correspondrait le mieux, elle m’a laissée analyser différentes brochures afin de décider du ou des projets auxquels il me plairait de participer.

Deux jours plus tard, je lui envoyais ma wish list, et dès le lendemain, je recevais un e-mail de confirmation me signifiant que j’étais acceptée sur mon premier choix, celui de rejoindre le Peace Village au sein de l’association VSA Thailand le 1er septembre, soit exactement deux semaines plus tard.

Je me souviens comme si c’était hier du moment où j’ai ouvert ce mail, au boulot, et que j’ai réalisé que tout cela était bien réel, que je partais pour de vrai, qu’il ne s’agissait plus d’une utopie ou d’un vague espoir fantaisiste.

Je connaissais la date à partir de laquelle ma vie allait changer.

Quel sentiment incroyable! Mon coeur hésitait entre se serrer et se relâcher, je ne savais pas si je devais crier ou rester muette de stupéfaction. J’ai simplement scruté mon écran d’ordinateur durant quelques minutes, laissant toutes ces sensations m’envahir en même temps et profitant de l’instant.

Un client est entré dans le magasin quelques minutes plus tard, et j’ai du user d’un self-control surhumain pour ne pas bondir de ma chaise de bureau et courir le serrer dans mes bras. Je ne connaissais même pas son prénom, j’étais simplement tellement heureuse que je voulais exprimer mon bonheur à la terre entière.

Venons-en donc aux faits ;

Qu’est ce que le Peace Village, et quelles leçons ai-je tirées de mon séjour?

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Le bonheur de sourire d’un sourire sincere

Clarifions tout de suite les choses ; VSA Thailand n’a rien d’une importante organisation telle que Project Abroad ou Cursus Mundus. Il s’agit d’une organisation non-gouvernementale locale dirigée par un couple thaïlandais, Pi Tum et Pi Gate. Cela comporte de ce fait des avantages comme des inconvénients :

D’un côté, j’étais vraiment heureuse de pouvoir expérimenter un aspect très authentique de mon séjour dans le petit village de Ton San. L’on y vit à la thai, et cela implique de devoir mettre de côté ses exigences en matière de confort et, sans que cela soit dramatique, d’hygiène, mais jamais je ne m’en suis plaint ni n’ai ressenti le besoin de m’en plaindre. Il faut dire que je m’acclimate très rapidement, et mes attentes n’étaient de toute façon pas élevées pour un sou.

La Learning home, autrement dit la maison des volontaires, n’avait pas profité d’un bon coup de balai depuis plusieurs mois. L’endroit était poussiéreux et en désordre, mais je me suis très rapidement acclimatée.

Je tiens tout de même à souligner qu’après plus de 18 heures de vol, dont une escale à Bombay et une autre à Bangkok (où je me suis d’ailleurs trompée d’aéroport et ai loupé ma deuxième correspondance pour Hat Yai), plusieurs courses hasardeuses en Song Taew (le tuk-tuk local faisant office de bus), et une balade à moto carambolesque derrière un jeune homme, mon sac à dos et ma grosse valise à bout de bras, je suis finalement arrivée à la fameuse Learning Home où..

il n’y avait personne pour m’accueillir, excepté une vieille dame qui, après m’avoir indiqué  du doigt où je pouvais poser mes affaires, est tout simplement repartie jouer aux cartes avec ses copines voisines.

Je me suis assise sur le vieux matelas poussiéreux posé au sol dont s’est échappé un nuage gris alors que je l’avais a peine effleuré, et jai attendu, longtemps. Mon ventre criait famine; je n’avais rien mangé depuis près de 24 heures. J’ai alors décidé de partir explorer les environs, à la recherche d’eau et de nourriture. Apres 30 minutes de recherches infructueuses, je suis finalement retournée à mon point de départ où « Mama » m’attendait, 5 plats différents disposés sur la petite table en bambou, me faisant signe de me joindre à elle et de partager son repas.

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Ce fût le début de 3 mois de hauts et de bas, de bonheur intense et de coups de blues qui le furent tout autant.

Bonheur intense, parce que j’aimais profondément la personne que cet endroit m’avait fait redevenir, et que partager et donner de mon énergie sans retour était à la fois gratifiant et libérateur.

Coups de blues, parce que le manque d’organisation et de sérieux de la part du couple se faisait souvent ressentir, et que j’ai été longtemps la seule volontaire du village, ce qui ne me laissait, en fait, personne à qui parler.

Cependant, je suis sortie de ces 3 mois de volontariat changée, grandie, et plus important encore ; auto-suffisante.

Je me suis confirmé que j’étais capable de me passer de confort sans même y accorder d’importance, et que j’étais parfaitement apte à m’adapter à des situations parfois extrêmes.

J’ai appris à m’aimer moi, avec mes bons et mes mauvais côtés, à m’apprivoiser, et surtout, à m’auto-suffire. Etre calme et en paix, souvent en tête-à-tete avec moi même, m’a donné cette opportunité de creuser plus profond, de renouer avec des parties de moi que je pensais définitivement perdues.

J’ai aussi profité de posséder mon coeur à part entière ; très vite, après une erreur de jugement, j’ai goûté à la solitude sentimentale la plus complète, et j’ai adoré. Je ne me suis jamais sentie autant connectée à mon âme, je ne voulais personne d’autre que moi-même, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Ce voyage pour moi, est une ode à l’amour de soi.

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Pour vous qui, comme moi, découvrez mon style d’écriture, ne soyez pas surpris ; je m’éparpille souvent, et beaucoup. Je m’en excuse à l’avance, mais il faudra s’y faire!

Pour retourner dans le vif du sujet, je ne connaissais à l’époque pas la plateforme Workaway, que j’utilise aujourd’hui régulièrement.

Il s’agit d’un site recensant tous les projets de volontariat disponibles dans le monde entier, cela sans que vous n’ayez à payer quoi que ce soit d’autre que des frais d’inscription.

Un côté ‘négatif’ de mon expérience est que, même en tant que bénévole pour VSA, je devais payer mensuellement une somme qui, l’on dira, ne justifiait pas entièrement les dépenses de l’organisation.

Pour utiliser Workaway, il suffit de payer un droit d’inscription de 38.00 USD par an, et cela vous permet de contacter l’employeur de votre choix. Les offres vont d’un poste en tant que réceptionniste dans une auberge de jeunesse, de professeur d’anglais privé ou dans des écoles locales, ou de volontaire dans un élevage de papillons (véridique), et cela aux quatre coins du monde.

C’est un excellent moyen de voyager avec un budget même très limité, car dans la grande majorité des cas, l’hébergement et la nourriture sont offerts.

Il reste aussi la très connue Craigslist et autres sites de recherche d’emploi internationaux, mais ceux-ci requièrent souvent un temps d’emploi plus ou moins long qui peut ne pas convenir à tous les types de voyageurs.

J’ai hésité à vous fournir un article plus complet, répertoriant toutes les organisations et plateformes dont j’avais pris connaissance sur d’autres blogs, mais j’ai pris la décision de ne parler que de ce que j’avais déjà expériencé. Ne soyez donc pas surpris si mes articles se mettent à jour irrégulièrement. Je vous tiendrai au courant de toutes mes updates!

Enormes bisous,

Aline

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Le gosse le plus ingrat de Thailande

 

 

 

2 réflexions sur “Prendre confiance lors d’un premier voyage ; le volontariat.

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