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Ode aux miens

J’écris cet article encore à chaud ; l’idée de rédiger un billet à propos de toutes ces personnes incroyables que je continue de rencontrer sur la route m’a heurtée alors que je partageais un repas avec trois suédois, deux suisses et une américaine que je venais d’inviter à ma table, alors que je m’apprêtais à diner seule, entourée de coussins multicolores dans un petit restaurant végétarien local du centre de Vang Vieng.

Je suis une voyageuse solo, et je ne changerais cela pour rien au monde. Je chéris ma liberté, elle est ce que j’ai de plus précieux, et l’idée de n’en perdre ne fût-ce qu’une miette m’horrifie au plus haut point.

J’aime me réveiller le matin en sachant que ma journée m’appartient, que je suis libre d’aller où bon me semble, de faire ce que bon me semble, mais surtout, que je suis libre de rencontrer et de côtoyer de nouvelles personnes, tout comme je suis libre de passer la journée, la semaine, le mois, en tête-à-tête avec moi-même tout en ne ressentant aucunement l’envie ni le besoin de sociabiliser.

Je ressens à vrai dire souvent le besoin de rester seule, parce que c’est dans ces moments-là que je me sens le plus en phase avec moi-même.

Je ne subis aucune influence extérieure ; mes choix, mes réactions, mes idées sont le plus pur produit de mon être, je n’ai rien à prouver à personne, je n’ai pas besoin d’apparaître sous un bon jour ou de faire des efforts là où je n’ai pas envie d’en faire. Je suis purement en phase avec ma propre personnalité et avec mes émotions.

Mais quand je décide de m’ouvrir aux personnes qui m’entourent, je ne le regrette jamais.

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Je suis plus riche aujourd’hui que je ne l’ai jamais été, grâce à toutes ces merveilleuses personnes dont j’ai eu la chance de croiser le chemin. C’est bien un des aspects les plus magnifiques du voyage ; l’ont se fait des amis éphémères, mais que l’on gardera dans notre coeur toute notre vie.

Force est de constater que les gens qui voyagent sont étonnamment décents. Personne ne se connait, personne ne se juge, mais tout le monde est dans une optique d’entraide, de partage, et ne cesse de s’enrichir les uns les autres. L’on découvre énormément de cultures différentes, et de mentalités différentes, l’on apprend le respect de chacun et l’estime des autres. De ce fait, l’on s’estime d’autant plus soi-même car les personnes que l’on rencontre nous valorisent, veulent en apprendre plus sur nous et veulent partager leurs expériences, toutes plus extraordinaires les unes que les autres.

De ce fait, l’on se sent véritablement appartenir à une immense tribu.

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Les gens qui voyagent sont une communauté à part ; leur esprit est ouvert et en alerte, ils se dépassent tous les jours, apprennent du monde entier et ne se fatiguent jamais de savoir.

La premiere fois que ce sentiment d’appartenance m’a touchée fut au paradis de Ton Sai, dans la province de Krabi en Thaïlande. J’y ai rencontré des personnes fabuleuses, qui me manquent encore aujourd’hui. En une journée, nous étions les meilleurs amis du monde, et nous sentions parfaitement en confiance tous ensemble, toujours dans cette notion de respect et de partage.

A vrai dire, nous partagions tout ; les joints, la nourriture, nos vêtements, les fou-rires, les confidences, notre culture, nos lits. Perdus entre la jungle et une plage idyllique, nous vivions telle une petite communauté dont le mot d’ordre était l’amour. Je me suis sentie appartenir à une famille des plus unies et des plus aimantes, et c’est exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là. Quel sentiment indescriptible! Quel bonheur, quelle chance..

Toutes ces personnes m’ont fait réaliser à quel point la vie pouvait être belle. Ils m’ont époustouflée à chaque instant, tant par leur vivacité d’esprit, que par leur créativité, leur humour, leur attitude positive.

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Et de jour en jour, d’endroits en endroits, j’agrandissais ma tribu, ma meute.

 » You guys might not know this, but I consider myself a bit of a loner. I tend to think of myself as a one-man wolf pack. But when my sister brought Doug home, I knew he was one of my own. And my wolf pack… it grew by one. So there… there were two of us in the wolf pack… I was alone first in the pack, and then Doug joined in later. And six months ago, when Doug introduced me to you guys, I thought, « Wait a second, could it be? » And now I know for sure, I just added two more guys to my wolf pack. Four of us wolves, running around the desert together, in Las Vegas, looking for strippers and cocaine. So tonight, I make a toast!  » Allan – The Hangover

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Je n’ai jamais peur, même seule. Ma meute veille sur moi, même si je ne la connais pas encore. En tant que voyageuse solo, j’ai été épatée du nombre de personnes qui se sont dites prêtes à m’aider dans le cas où j’aurais besoin de support. Voyager seule n’est pas chose facile et mon chemin est souvent parsemé d’embûches, mais l’on veille tous les uns sur les autres, d’une certaine manière.

J’aimerais pouvoir faire une dédicace à chacune de ces magnifiques personnes que j’ai eu l’immense bonheur de côtoyer mais cela ne serait pas faisable. Je me contenterai d’avoir une pensée pour tous mes frères et soeurs aux quatre coins du monde qu’il me tarde d’aller visiter.

Parce que c’est ca aussi le voyage ; avoir l’opportunité de se créer des contacts qui se feront un plaisir de, plus tard, vous accueillir chez eux et vous faire découvrir leur univers. Le plus dur maintenant est de me décider à qui aller rendre visite en premier!

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A vous tous, mes amis et futurs amis, MERCI du fond du coeur pour tout ce que vous m’avez apporté. Je vous aime, vous souhaite tout le bonheur du monde et surtout, continuez à prendre soin de vous et des uns des autres. Vous avez contribué a faire de ma vie un conte de fées.

 

Prendre confiance lors d’un premier voyage ; le volontariat.

C’est seulement un mois avant mon départ que j’ai pris la décision de réellement partir à l’aventure. L’été battait son plein, et moi par la même occasion, et j’en suis arrivée au point de non-retour. Il y avait donc urgence ; mon départ devait s’organiser rapidement, le compte à rebours ne laissant pas de place à l’hésitation.

L’idée du volontariat s’est immédiatement glissée dans mon esprit, et pour cause, je pouvais faire d’une pierre deux coups ; d’une part, faire quelque chose de bien, donner de ma personne, soigner mon âme en contribuant à prendre soin de celle des autres, et d’autre part, prendre le temps de m’acclimater à mon nouvel environnement, prendre mes marques, ne pas me lancer vers l’inconnu sans point de repère aucun.

Savoir que j’avais quelque part où aller et une tache à accomplir a grandement contribué à faciliter l’idée de mon départ aux yeux de ma mère et de mes proches. Cela les a rassurés, et en sens, moi aussi.

Il me fallait donc trouver une organisation avec laquelle partir, et pour cela j’ai fait appel à l’ASBL JAVVA – Jeunes Actifs dans le Volontariat et les Voyages Alternatifs, basée à Bruxelles. J’ai rapidement décroché un rendez-vous avec Claire, ma coordinatrice. Elle a été extrêmement efficace et a fait preuve d’un grand professionnalisme. Après un premier entretien durant lequel nous avons toutes les deux déterminé quel type de projet me correspondrait le mieux, elle m’a laissée analyser différentes brochures afin de décider du ou des projets auxquels il me plairait de participer.

Deux jours plus tard, je lui envoyais ma wish list, et dès le lendemain, je recevais un e-mail de confirmation me signifiant que j’étais acceptée sur mon premier choix, celui de rejoindre le Peace Village au sein de l’association VSA Thailand le 1er septembre, soit exactement deux semaines plus tard.

Je me souviens comme si c’était hier du moment où j’ai ouvert ce mail, au boulot, et que j’ai réalisé que tout cela était bien réel, que je partais pour de vrai, qu’il ne s’agissait plus d’une utopie ou d’un vague espoir fantaisiste.

Je connaissais la date à partir de laquelle ma vie allait changer.

Quel sentiment incroyable! Mon coeur hésitait entre se serrer et se relâcher, je ne savais pas si je devais crier ou rester muette de stupéfaction. J’ai simplement scruté mon écran d’ordinateur durant quelques minutes, laissant toutes ces sensations m’envahir en même temps et profitant de l’instant.

Un client est entré dans le magasin quelques minutes plus tard, et j’ai du user d’un self-control surhumain pour ne pas bondir de ma chaise de bureau et courir le serrer dans mes bras. Je ne connaissais même pas son prénom, j’étais simplement tellement heureuse que je voulais exprimer mon bonheur à la terre entière.

Venons-en donc aux faits ;

Qu’est ce que le Peace Village, et quelles leçons ai-je tirées de mon séjour?

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Le bonheur de sourire d’un sourire sincere

(suite…)